Au service du développement des territoires

L'Institut des Territoires lance un groupe de travail sur la mixité urbaine 

Lancé en septembre 2021, un groupe de travail de l’Institut composé d’urbanistes, d’architectes, de juristes, de chefs d’entreprise et de consultants se donne pour objectif de formuler des propositions concrètes  sur le renforcement de la mixité fonctionnelle des villes.

La mixité fonctionnelle recouvre les différentes fonctions remplies par une ville : la fonction d’habitat, bien sûr, qui est la fonction urbaine par excellence mais aussi la fonction économique (activités présentielles et activités productives, services aux particuliers et services aux entreprises), la fonction commerciale (commerces de proximité et grandes surfaces, secteurs de l'alimentaire, de l'équipement de la personne et de l'équipement de la maison) ou encore la fonction administrative (services publics locaux et supra communaux), sachant que cette liste constitue déjà en soi un sujet de réflexion et de débat.

Pourquoi un groupe de travail sur la mixité fonctionnelle ?

 

La mixité fonctionnelle s’affaiblit d’année en année au profit d’une forme plus ou moins aboutie de "zoning".

Le zoning consiste à dédier des espaces spécifiques à chaque fonction : zones d’activités ou quartiers d’affaires pour les entreprises, zones commerciales pour les commerces, zones pavillonnaires pour l’habitat, mais aussi campus d’entreprise et campus universitaire, parcs de loisirs...


Cette spécialisation croissante de l'espace nuit à la mixité fonctionnelle qui fait la richesse de la vie urbaine et l’attractivité d’un  certain nombre de villes avec, à la clé, plusieurs conséquences :

  • Une perte d’attractivité des pôles de centralité qui, une fois vidées de leurs principales fonctions,

perdent l’essentiel de leur intérêt ;

  • Une diminution de la mixité sociale qui, dans les villes les moins attractives, se traduit par une

paupérisation de la population ;

 

  • Un étalement urbain, le corollaire du zoning étant l’artificialisation du foncier;

 

  • Un recours accru à la voiture, qui emporte des conséquences en termes de santé publique et de cadre de vie.


Le propos n’est pas de nier les avantages, bien réels, liés à ces espaces monofonctionnels. S’agissant des activités industrielles par exemple, le zoning a pris son essor avec l’industrialisation, afin de protéger les habitants contre les nuisances liées aux activités polluantes, sinon dangereuses. Le zoning est ainsi né d’une volonté légitime de limiter au maximum les conflits d’usage et de voisinage. Si un rééquilibrage en faveur de la mixité fonctionnelle doit avoir lieu, il ne peut être que le fruit d’un compromis prenant en compte l’ensemble des problématiques qui se posent aujourd’hui.

Objectifs

 

Notre groupe se fixera comme objectif de répondre à plusieurs questions :

 

  • Quelles sont les fonctions urbaines élémentaires ?

 

  • A quelle échelle doit s’appliquer la mixité fonctionnelle : l’immeuble, le quartier, la ville, un territoire plus large desservi par un réseau de transport ?

 

  • Comment se décompose chaque fonction ? Par exemple quels types d’habitats, quels types de commerces ou de services faut-il envisager ? 

 

  • Quelles sont les interactions positives entre les fonctions ? On sait par exemple que la présence d’entreprises assure une activité du commerce en journée, que des commerces dépendent directement ou indirectement de certains services, que des loisirs génèrent certains types de commerces mais pas d’autres, etc.

 

  • Enfin, surtout, comment crée-t-on de la mixité fonctionnelle ? Existe-t-il des prérequis en termes de densité, de proximité des infrastructures de transport ? Ou inversement certaines caractéristiques sont-elles rédhibitoires ?

Planning


Le travail du groupe se déroulera de septembre 2021 à juin 2022 en quatre étapes :

 

  • La définition de la mixité fonctionnelle (septembre 2021) ;

  • L’identification des freins à la mixité fonctionnelle (entre septembre et décembre 2021) ;

  • Les facteurs facilitant la mixité fonctionnelle (entre janvier et mai 2022) ;

  • La rédaction d’un livre blanc à destination des députés de la nouvelle législature et des maires et présidents d’EPCI qui en seront à mi-mandat (mai-juin 2022).

Pour toute information complémentaire, nous vous invitons à contacter Adrien Le Doré 

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