Panorama du secteur du livre


La librairie est l’acteur le mieux rémunéré de la chaine

Le prix moyen d’un livre est de 10 euros. D’après le SNE, sur ces 10 euros, l’auteur touche 1 €, l’éditeur 1,50€ (création éditoriale, relecture, correction, mise en forme, maquettage, marketing, promotion commerciale, service de presse, vente de droits étrangers et de droits audiovisuels et frais de structure), l’imprimeur 1,50 € (pré-presse - qui peut aussi être réalisé par le service de fabrication de l’éditeur - achat du papier et impression), le diffuseur et le distributeur perçoivent 1,70 € et le libraire 3,80 €. L’Etat récolte quant à lui 0,50 € de TVA. L’auteur gagne manifestement le moins alors que sans le lui le livre n’existe pas. Le libraire quant à lui est celui qui rapporte le plus.

Néanmoins, il faut savoir que le détaillant est aussi celui qui paie le plus de charges fixes en proportion (transport des livres, locaux, salaires), plus une gestion très lourde d’un inventaire surtout pour les petites structures. Il faut savoir que pour les plus petites librairies, le stock se compose au minimum de 5 000 références. Pour les plus grandes librairies, on en compte en moyenne plus de 100 000. Pour une librairie indépendante, les charges de personnel absorbent 17,7% du chiffre d’affaires, soit plus de la moitié de la marge commerciale. Pour les petites librairies, cette part atteint 18,2 % et représente une moyenne de 1.600 € mensuel, soit un coût inférieur au SMIC, ce qui suppose que certains dirigeant ne se versent pas de salaires réguliers. La part des loyers varie de 0 à plus de 8 % du chiffre d’affaires et représente 3,8 % en moyenne du chiffre d’affaires des petites librairies, part qu’on sait être beaucoup plus importante à Paris.Le transport représente de 0,1 à 3,6 % du chiffre d’affaires, soit 1,5 % en chiffres globalisés. Si à Paris, le poids du transport est moins important qu’en province, le coût moyen supporté par les petites librairies reste supérieur relativement aux plus grandes : 1,9 %.

Par ailleurs, les librairies sont soumises à une grosse pression, elles doivent vendre les livres achetés pour ne pas être à perte. Or, seulement 22% des achats de livres se font en librairie en 2017. 

Le secteur de l’édition est à la fois hyperconcentré et hyperfragmenté

Trois maisons d’édition dominent la filière : Hachette Livre, Editis et Média-Participations. 

Hachette Livre, la branche édition du groupe françaisLagardère, domine très largement le secteur de l’édition française avec un chiffre d’affaire avec 2 289 millions d’euros. L'éditeur, qui s'inscrit au 5e rang mondial de l'édition emploie plus de 7.587 personnes réparties dans 70 pays et compte plus de 150 marques comme Larousse, Livre de poche, Fayard, Grasset, Stock, ou encore Calmann-Lévy.

Ensuite, vient la maison d’édition Editis, qui est une filière du groupe français Vivendi depuis 2018. Elle possède les marques Robert Laffont, Plon, Le Robert, La Découverte, Le Cherche-Midi, Presses de la Cité, Julliard ...  Le groupe compte 2 600 salariés et plus de 40 marques d’édition, pour un chiffre d'affaires annuel de 759 millions d'euros en 2017

En troisième position, on retrouve Média-Participations, groupe d’édition, de presse et de production audiovisuelle franco-belge. Né initialement de la fusion des éditions Fleurus et des éditions Mame, le groupe siège à cette troisième placegrâce à l’acquisition en décembre 2017 du groupe français La Martinière. Elle devance Lefebvre Sarrut et la Madrigali. Le nouveau groupe affiche un chiffre d’affaires de 561 millions d’euros en 2017. Lefebvre Sarrut n’est pas loin derrière, puisque la maison d’édition désormais en 4e position enregistre un chiffre d’affaires de 450 millions d’euros la même année. 

Cette concentration n’est pas un phénomène récent. Depuis le milieu des années cinquante, il est particulièrement visible, même s’il s’est accéléré dans le dernier tiers du XXe siècle. Mais, quel est l’enjeu de cette concentration ? Premièrement, il s’agit d’une question de diversification des produits. Un groupe éditorial rachetant une maison d’édition indépendante recherche la diversification de sa gamme éditoriale. En juillet 2018, Hachette Livre en rachetant la maison d’édition La Plage étend ainsi son offre aux livres de cuisine végétarienne, bio, de cosmétiques bios, de yoga... 

Ces rachats ont d’autres finalités. Ils permettent à la maison d’édition d’avoir une emprise sur les librairies. Pour ne prendre d’un exemple. Plus d’un livre sur deux est distribué par le groupe Lagardère. La position dominante du groupe lui permet à plus ou moins long terme de baisser les marges commerciales des librairies. Elle lui permet aussi d’imposer aux détaillants de privilégier les livres du groupe. Le groupe est en capacité d’imposer aux libraires de privilégier les livres du groupe. Le libraire qui refuserait verrait imperceptiblement ses marges bénéficiaires diminuer. 

Si deux livres sur trois sont diffusés par Lagardère, cela signifie aussi qu’un grand nombre d’éditeurs indépendants du point de vue du capital sont de fait sous la dépendance de Lagardère parce que celui-ci les diffuse. Pour se vendre, le livre a besoin d’être vu en librairie. La diffusion du livre comprend toutes les activités de commercialisation du livre, visites de représentants auprès des libraires et grandes surfaces, négociations des marges commerciales, du nombre de livres plus ou moins important envoyés aux libraires lors de la parution d’un nouvel ouvrage. Contrôler la diffusion d’un livre, c’est donc contrôler sa présence chez les libraires. Quand une grosse maison d’édition diffuse un petit éditeur, si la stratégie ou le comportement de cet éditeur ne lui convient pas, il lui suffit de réduire son action de diffusion pour mettre en danger les ventes de cet éditeur.

Les risques d’une telle concentration sont tout d’abord ce que certains appellent le règne du livre marketing puis  l’uniformisation de l’offre. Les maisons d’édition, dans ce contexte de concentration, ont recours à de nombreuses logiques marketing. Elles conduisent à sélectionner les manuscrits de livres en fonction de leur capacité à générer de la promotion (articles de presse, émissions de télé...). La multiplication du nombre de références renforce d’autant plus le rôle de la promotion dans l’accès au lecteur. En 2017, 68 199 livres et éditions qui ont été publiés. Seront connus du public, seuls les références ayant fait l’objet d’une promotion suffisante. Or, seuls les leaders de l’édition comme Hachette Livre ou encore Éditis peuvent se prévaloir d’une emprise sur les médias. Ce qui pose problème dans cette logique marketing, c’est que les ventes d’un livre dépendent principalement, non de ses qualités intrinsèques , mais des modalités et de la puissance de la promotion du livre.

Le second danger a été analysé par le sociologue Pierre Bourdieu. L’uniformisation découlerait de la logique de livre marketing. Le nombre de nouveaux livres n’a été aussi important pourtant, cela ne serait pas gage de diversité. Centrés sur la même cible, utilisant les mêmes techniques publicitaires, les manuels des différents éditeurs tendent alors à se ressembler..

Le risque est aussi réel pour les maisons d’édition indépendantes. Comme abordé précédemment, les grandes maisons d’édition, ayant elles les moyens, sont aussi diffuseurs/distributeurs. Or, une petite maison d’édition est obligée de déléguer cette étape. Elle se retrouve alors contrainte de respecter les conditions de la maison d’édition acceptant de diffuser ses ouvrages. Il y a un vrai risque d’auto-censure. 

Si une vingtaine de « grandes maisons » dominent le marché, il existe également une multitude d’autres maisons. Selon SNE, la France compterait environ 10 000 structures éditoriales dont 4 000 pour lesquelles l’édition constitue l’activité principale et 1 000 dont l’activité est significative sur le plan économique. Le nombre d’éditeurs serait, selon la BNF, en hausse. En 2017, le nombre de déposants actifs, c’est-à-dire de déposants qui font au moins un dépôt dans l’année, a lui aussi dépassé 8 501 déposants, contre 8 224 en 2016. 

Le nombre de références augmente

En 25 ans, deux fois plus de titres ont été publiés. Alors qu’en 1990, 38 414 titres différents dont 20 252 nouveautés étaient publiés, en 2017 on en compte 68 199. D’après le rapport Gaymard, entre 1994 et 2008, la part des principaux secteurs éditoriaux tels que les répertorie la base bibliographique Electre est relativement stable. Le seul mouvement marqué est la hausse du poids des bandes dessinées (de 2 % à 7 % du nombre de nouveautés), qui explique à elle seule la hausse du poids de la catégorie Littératures, et le léger recul du poids des catégories Philosophie, Sciences sociales, et Géographie et histoire. 

Dans un étude plus récente, on remarque qu’en 2015, la littérature et techniques d’écriture concentre 44% des titres parus cette année là. 14% l’histoire, la géographie et biographie ; 12% les sciences sociales ; 11% des sciences : 10% les arts,  jeux et sport ; 4% la philosophie et la psychologie ;3% la religion et la théologie. Dans le détail de la littérature, on apprend que près de 50% des livres parus sont des romans, 21% de la littérature jeunesse, 14% de la BD, 11% de la poésie et 3% du théâtre. 

La difficulté de cette profusion éditoriale est d’assurer une visibilité à tous ces ouvrages. D’après une étude menée par Electre, alors que 98 306 titres dont 43 600 nouveaux ont été publiés, seuls 15 315 ouvrage ont été médiatisés. De plus, selon le SNE, pour être vendu, un livre doit être disponible. Or la table des libraires n'est pas d'une longueur infinie. Le nombre moyen de titres disponibles dans les plus grandes librairies n'est que de 50.000. Pour une librairie de taille raisonnable consacrant 100 mètres carrés aux livres, le stock tombe à moins de 15.000 ». 

Le nombre de ventes baissent

Après avoir oscillé entre 300 millions et 330 millions d'exemplaires entre 1986 et 1995, les ventes en volume ont progressé régulièrement depuis les années 1990 pour atteindre une hausse de près de 50% sur la période 1995-2007. Cependant, le nombre d’exemplaires a ensuite baissé jusqu’en 2015, pour repartir à la hausse et atteindre les 434,5 millions en 2016. Depuis deux ans, on assiste à une nouvelle baisse des ventes. D’après une étude parue ce vendredi dans le magazine Livres Hebdo, les ventes de livres ont reculé en France de 1,7% en 2018, après avoir déjà reculé de 1,1% en 2017.

Aucun circuit de distribution n’est épargné, même si les grandes surfaces culturelles type la Fnac s’en sortent mieux avec un recul d’à peine – 0,2% vs 2017. Toutefois, cette baisse des ventes ne résulte pas d’un changement d’habitude des Français.  La librairie et la GSC (grande surface culturelle, type Fnac ou Cultura) sont toujours le duo de tête des lieux d’achats de livres neufs. La vente en ligne a gagné du terrain. En effet, 45% des acheteurs ont recours à des sites internet pour se procurer leurs livres neufs. 65 % vont dans des librairies, et 79 % dans les grandes surfaces culturelles

Selon les secteurs de l’édition, les chiffres sont contrastés. Ainsi, les ventes de dictionnaires (- 38 %), de cartes et atlas (-31 %), de livres scolaires (-30 %), chutent-elles de façon importante. Au contraire, certains segments progressent : loisirs et vie pratique (+ 16 %), jeunesse (+15 %), histoire (+ 4 %), bandes dessinées (+ 3 %). Le livre le plus vendu de l'année (toutes catégories confondues) est le 37e album des aventures d'Astérix, "Astérix et la transitalique". Le format poche est également en légère hausse. 

Pour le président du Centre National du Livre (CNL), Vincent Monadé, l’explication n’est pas intrinsèque au marché : la production est stabilisée et le prix des livres progresse moins vite que l’indice général de l’INSEE. Non le problème se trouve ailleurs : le temps consacré à la lecture ne cesse de reculer. Selon l’IPSOS, la dynamique de lecture est globalement en baisse depuis plusieurs années, malgré que les Français déclarent vouloir lire davantage. Ils manqueraient à la fois de temps et succomberaient à d’autres loisirs plus facilement. Chez les jeunes, la lecture est concurrencée par la sortie entre amis, les jeux vidéos et la pratique d’un sporttandis que chez les plus de 65 ans il s’agit des médias traditionnels (TV, magazines, radios) et les sorties culturelles. La concurrence des activités digitales pèse également de plus en plus. Les Français notamment les femmes et les 25-49 ans consacrent du temps aux réseaux sociaux.  

Les distributeurs (à rattacher aux conséquences de la concentration) 

Hachette et Éditis par leurs filières contrôlent plus de la moitié de la diffusion/distribution. Les 5 plus grands diffuseurs/distributeurs représentent environ 85 à 90% de la distribution de livres.  Le fait que les éditeurs distribuent également et pas seulement leurs propres maisons d’édition est une particularité française.

Le prix unique a permis aux librairies indépendantes de résister à la grande distribution

La France dispose de l’un des plus réseaux de librairies indépendants les plus denses du monde avec environ 3000 librairies. Et ce chiffre est stable depuis 15 ans.  Chez nos voisins européens : en Espagne, on en compte seulement 1432. 393 aux Pays-Bas. 1028 au Royaume-Uni. Les librairies résistent.  La part de marché des librairies est passée de 24,5 % en 2008-2009, à 22 % en 2016-2017

La richesse de l’offre éditoriale comme preuve d’une stabilité du marché du livre:

En 2016, plus de 722 500 références ont été vendues, un nombre qui ne cesse d’augmenter. En 2007, il  y en avait une fois et demi de moins soit 485 824. Plus de 72% de ces références sont vendus par les librairies contre 31% par les GSA et 59% par les GSS. En 2017, 68 199 nouveaux livres et éditions ont été publiés. La même année, 343 millions de livres papiers ont été achetés. Disponibles depuis 1986 seulement, les données sur le nombre d'exemplaires vendus montrent qu'après avoir oscillé entre 300 millions et 330 millions d'exemplaires entre 1986 et 1995, les ventes en volume ont progressé de façon très régulière jusqu'en 2007 pour atteindre le chiffre record de 445 millions d'exemplaires en 2007 (hors fascicules), soit une hausse de près de 50 % en l'espace de 12 ans.

Le prix unique a provoqué une uniformisation du livre favorable aux ouvrages à rotation lente

Le prix unique a entraîné l’augmentation du prix des livres qui se vendent bien, les bestsellers (à rotation rapide) pour financer le manque à gagner sur les ouvrages difficiles, à rotation lente (scientifiques, philosophiques, spécialisés...).  

Le prix unique n’a pas provoqué une augmentation du prix du livre 

Juste après l’adoption de la loi, une augmentation a été ressentie. En 1981, le prix moyen du livre était de 11,4 francs. En 1982, il passait à 16,3 francs. Cette tendance s’est prolongée jusqu’au début des années 1990. Cela s’explique par les différents ajustements réalisés par les grandes surfaces pour s’adapter au prix unique et par les éditeurs pour s’ajuster aux conditions du marché de la période. 

Mais depuis 2000, le prix du livre a évolué deux moins vite que l’inflation. En 2009, Hervé Gaymard, rendait un rapport dans le cadre des discussions autour de l’instauration d’un prix unique du livre numérique dans lequel il montrait la difficulté à établir un lien entre prix unique et prix relatif du livre. Ainsi le prix relatif a ainsi augmenté en Hongrie, qui dispose d’un système de prix unique tout comme la France ; au contraire, il a baissé en Irlande qui a pourtant un régime de prix libres. Enfin, il a augmenté au Royaume-Uni, alors que le prix unique a été supprimé. 

Le nombre de librairies se maintient globalement 

Attention, il ne s’agit pas uniquement des librairies indépendantes. 

D’après le répertoire SIREN,  la France compterait 4588 librairies françaises sur le territoire métropolitain dont Corse en 2018, soit une moyenne nationale d’une librairie pour 14 167 habitants (ou 0,70 librairie pour 10 000 habitants). Le recensement des librairies par région révèle une répartition géographique des librairies particulière sur le territoire français. En effet, à l’exception de la Corse, toutes les régions situées au sud de la Loire ont plus de librairies que la moyenne nationale sur leur territoire. En Paca, on trouve 0,87 librairie pour 10 000 habitants, en Occitanie 0,87, en Nouvelle-Aquitaine 0,71, en Auvergne-Rhône-Alpes, 0,82. Au nord de la Loire, l’Île-de-France fait figure d’exception avec une moyenne de 1,02 librairie pour 10 000 habitants.

Il existe également des différences d’une ville à l’autre.  A population en nombre équivalent, lorsque les populations sont plus modestes, il y a manifestement moins de librairies. Par exemple, lorsque l’on compare Rouen dont la population est composée de 13,5% de CSP + et Saint-Denis dont la population est composé de 7,9% de CSP +, on remarque que Saint-Denis ne dispose que de 7 librairies contre 29 à Rouen. Le constat est le même avec Caen et Tourcoing. Caen qui possède 11,2% de CSP+ possède 19 librairies tandis que Tourcoing qui possède 5,4% de CSP+ possède seulement 4 librairies. 

Comment expliquer cela ? La justification se trouve certainement dans le caractère socialement marqué de la lecture. Les Français qui lisent le plus (20 livres et + par an) sont des femmes (30%), de plus de 50 ans (59%), majoritairement diplômés (55% ont un diplôme universitaire dont 18% ont un bac +5 ou +). L’achat de livre en librairie est socialement marqué. Plus de 32% des Français pensent que le prix des livres en librairie est plus élevé qu’ailleurs. Les libraires ont certainement une grande part de responsabilité dans cela. De nombreux articles montrent que ces derniers se sont enfermés dans une forme de culture élitiste, pas suffisamment ouverte à une culture plus populaire, éloignée des nouvelles technologies et des nouveaux rapports à la culture. Cette attitude aurait exclu une catégorie de lecteurs moins cultivés lesquels se tourneraient alors vers la vente en ligne, leur garantissant une absence de jugement. 

Les évolutions technologiques et leur impact sur la distribution 

E-Book 

En France, le livre numérique pèse moins de 5% des ventes totales de livres contre 25% en Angleterre ou aux Etats-Unis. L’e-book peine à séduire les Français malgré une demande qui se veut croissante. En effet, il existe bel et bien un engouement pour le livre numérique en France. La proportion de lecteurs de livres numériques a quadruplé en cinq ans passant de 5% en 2012 à 21% en 2017 selon le SNE. Chez les jeunes, 10% des lecteurs ne lisent d'ailleurs plus que sur tablette et smartphone, soit 5 fois plus que leurs ainés.  Malgré cela, les ventes du livre du numérique en chiffre d’affaires n’augmentent que faiblement. En France, leur estimation varie, en fonction des sociétés d'auteurs, d'éditions, et des observatoires, de 2,5 à 3,5% du marché global du livre. Un niveau très inférieur à celui des pays anglo-saxons, où le e-book a rapporté jusqu'à 35% des revenus totaux du livre, et s'est stabilisé à 25%. L’explication se trouverait dans la faible différence entre la version papier et numérique. Chez Hachette, la différence de prix entre les versions papier et numérique d'un titre se situe "entre 25 et 35%". Cet écart déjà faible se réduit à rien quelques mois plus tard, lorsque la version Poche du titre est publiée. Certains romans se retrouvent même plus chers en version numérique qu'en papier. Parmi les nombreux cas recensés par Liseuses.net, on trouve par exemple Petit Pays, de Gaël Faye, à 7,10 euros en Poche, contre 7,50 en e-pub (pour "e-publication", un des formats des livres numériques). Or, les lecteurs attendent une décote d’au moins 40% pour se mettre au numérique d’après une étude menée en 2011. 

Six ans plus tard, les Français ne semblent toujours pas prêts à dépenser autant pour un livre numérique. En 2017, on apprend dans une étude du SNE que les lecteurs d’e-book privilégient à 73% les livres gratuits et 44% ne dépensent pas plus de 4 euros par ouvrage.

Les Français ne semblent pas prêts à débourser plus pour un livre numérique car, sans doute animés par la croyance que la production d’un e-book ne coûte pas grand chose. Or, elle engage "des frais de serveurs pour héberger les contenus, et des droits pour la librairie numérique qui va vendre le titre sur sa plateforme", note GfK. Ces droits s'élèveraient à 30% du prix du livre chez le leader Amazon et son challenger français partenaire de la Fnac, Kobo. Il y a aussi des coûts incompressibles (la rémunération de l’auteur, le travail de lecture et relecture, le marketing..) 

L’auto-édition et impression à la demande

Il s’agit de la seconde révolution technologique du monde du livre. De plus en plus de Français essayeraient. Selon le site ActuaLitté, 11500 titres autoédités ont fait l'objet d'un dépôt légal en 2015, contre 4000 en 2005. De nombreuses plateformes s’y consacrent : BoD, Edilivre, Iggybook, KDP d’Amazon, Librinova, Publibook, Publishroom, TheBookEdition, etc.

KDP d’Amazon est la plus connue. Elle permettait initialement à chacun de pouvoir publier son manuscrit afin qu’il puisse être téléchargé sur la liseuse. Amazon a associé en 2016 un nouveau service : le print-on-demand (impression à la demande). Il offre la possibilité d’imprimer un exemplaire papier d’un livre, au moment de sa commande sur le site. Le concept de print-on-demand réside dans l’absence de stock, tout se déroule en flux tendu, chaque livre étant imprimé au moment de l’achat du livre par un client – évitant tout pilon. Les droits d’auteurs proposés par Amazon, selon les contrats, varient de 35 % à 70 %. Pour un auteur, débutant ou réputé, ces chiffres sont plus intéressant qu’une maison d’édition classique, dont le pourcentage varie, selon le nombre d’exemplaires vendus, entre 8 et 12 %. Ainsi, un écrivain doit vendre près de 9 fois plus d’exemplaires d’un livre ayant été édité par un éditeur traditionnel, pour gagner autant par le biais d’Amazon. 

Cette innovation ne nuit pas aux éditeurs au contraire. Cela vient en complémentarité de l’édition classique. De nombreuses maisons d’édition repèrent notamment des écrivains sur ces plateformes et signent par la suite des contrats avec eux. Les maisons d’édition classiques disposent des moyens de commercialisation et de diffusion incomparables. L’exemple d’Agnès Martin-Lugand est parlant. Au départ, son livre, Les gens heureux lisent et boivent du café était en vente à 0,89 centimes sur KDP Amazon, Kobo, Chapitre.com et iTunes. Au bout de 3 mois, elle a réussi à en vendre plus de 8500 exemplaires. Michel Lafon attiré par ces chiffres prometteurs a alors racheté les droits pour l’édition papier. Il s’en est alors vendu plus de 500 000 exemplaires (en grand format puis en poche). 

La position des autres acteurs sur le marché 

Internet : Amazon – autres sites 

Internet représente 20% des ventes de livre en 2017. Elles ne représentaient que 9,6% en 2008. Ces ventes favorisent les ouvrages vendus entre 1 et 1000 exemplaires, avec une hausse de 14 à 18 % du volume total des ventes pour les ouvrages dont les ventes sont inférieures à 1000 exemplaires.  80% de références ont été vendues par Internet.

En 2016, 11,3 millions de français ont acheté des livres du Internet contre 10,7 millions en 2015. En 2017, 13% des Français achètent leurs livres sur des sites de vente en ligne de livres numériques soit 3 pts de plus qu’en 2015. 

Pour Amazon, les chiffres disponibles sont assez vieux mais relativement parlant. D'après Xerfi il a enregistré en France un chiffre d'affaires 2013 compris entre 475 et 500 millions d'euros sur le segment du livre imprimé. Amazon capterait ainsi 70% de la vente en ligne d'ouvrages imprimés en France. La boutique en ligne s'appuyait en effet sur un catalogue de 400 000 références en français et 800 000 en anglais, disponibles en versions papier et électronique. 

En 2015, Amazon disposait de 800 000 références de livres papier dont 625 000 en langue française et 3 millions d’eBooks sur la boutique Kindle, dont 175 000 en français. Il était crédité d’une part de marché de 12 ou13% des ventes de livre. 

Grande distribution 

La grande distribution non spécialisée concentre 19% des parts de marché. Ce chiffre est stable depuis 2008. 31% de références ont été vendue en GSA. En 2017, 42% des Français se rendent dans les hypermarchés et les supermarchés pour acheter un livre. 

Distribution spécialisée type Fnac  

Selon les chiffres du ministère de la Culture, la part de marché des grandes surfaces spécialisées dans les ventes de livres a augmenté depuis 2009. Elle était de 21,6 % au cours de la saison 2008-2009, de 25,5 % au cours de la saison 2016-2017. Selon le syndicat national de l’édition, cette augmentation résulterait de l’augmentation du parc de magasins, notamment à proximité des centres-villes. Ces grandes surfaces bénéficieraient aussi de leur stratégie multi-canal. Notamment du click and collect, qui consiste à commander sur internet et retirer le livre en magasin.

La diminution de la place du livre dans certaines de ces grandes surfaces culturelles est compensée par l’augmentation du nombre de magasins, et leur présence sur internet.

59% de références ont été vendus en GSS.

Les GSC restent les lieux d’achat préférés des Français puisque selon l’IPSOS, ils sont 79% à s’y rendre pour acheter un livre en 2017 soit 7 pts de plus qu’en 2015 

La Fnac détiendrait à elle seule 17% des parts du marché. 

Les libraires de demain 

La place du libraire dans la ville de demain ( ?) 

Quelles évolutions du métier pour s’adapter ?

Les librairies doivent s’adapter au numérique, tout en conservant ce qui les différencie de leurs concurrents à savoir le conseil et la proximité.

Les libraires doivent faire rentrer le numérique dans leur boutique. De nombreuses nouvelles technologies permettent d’introduire en librairie de nouveaux outils de gestion par exemple. Le traitement des données dématérialisées facilite le fonctionnement et la gestion du commerce pour le libraire. Il existe des logiciels de gestion mais aussi d’échanges de données informatisées (EDI), de bases de données bibliographiques enrichies, de fichiers clients, CRM ou GRC (Gestion des relations clients)... Cela peut permettre un gain de temps important.

Cette adaptation au numérique passe aussi par la création de sites internet, et la familiarisation aux réseaux sociaux. Ces outils peuvent se révéler de vrais atouts communicationnels. Ils servent à relayer ou annoncer des informations ou des événements, tels que des dédicaces ou des rencontres littéraires qui ont eu ou vont avoir lieu, des jours de fermeture et d’ouverture exceptionnelles. Mais aussi à partager des articles ou des coups de cœur. Ces moyens de communication numérique permettent au libraire d’être au plus près des lecteurs et répondre à leurs besoins et demandes, plus rapidement. 

Cette adaptation au numérique doit s’accompagner d’un retour à la proximité. Cela passe par la multiplication d’événements, d’ateliers lectures, de salons... La librairie doit être envisagée comme un troisième lieu. 

Cela passe aussi par la création de lieux hybrides, plus ouverts. Le concept : lier une activité peu rentable avec une autre plus lucrative. Par exemple, Marc Faujanet qui a fait fortune dans l’immobilier, le sport, la pâtisserie, a ouvert plusieurs grandes librairies en Gironde (en tout, 4 600 m2 pour 350 000 références), dans la zone commerciale de Pessac (45e parallèle), le prestigieux cours de l’Intendance à Bordeaux (Librairie de la Comédie et BD Avenue), et sur la plus belle place d’Arcachon (Librairie des Marquises). Sa recette consiste à associer, sous le même toit, commerce du livre et restauration. 

L’un des points d’évolution apparaît nécessaire face à la montée de la concurrence. Les librairies indépendantes ont l’obligation de se regrouper pour mutualiser les stocks notamment mais pas seulement. Le Syndicat de la Librairie a lancé par exemple le site www.librairiesindependantes.com, qui rassemble l’offre de plus de 800 libraires français. Ce dernier fonctionne à l’image d’un moteur de recherche : vous entrez le nom du livre que vous recherchez et le site vous génère en retour une liste de librairies qui le commercialise. Vous pouvez alors passer directement commande sur le site de vente en ligne du libraire que vous avez sélectionné, avant de vous faire livrer à domicile, de la même manière que sur n’importe quel autre site e-commerce 

Les différentes types d aides publiques

Label Librairie indépendante de référence 

Dispositif créé en 2007 pour soutenir et valoriser le travail de sélection, de conseil et d’animation réalisé par des librairies de qualité qui participent, par leur engagement en faveur de la diffusion du livre, à l’aménagement et à l’animation culturelle des territoires. Il vise à maintenir un réseau de librairies de qualité dense et diversifié dans le centre des grandes villes comme dans les zones rurales, ou encore dans les petites et moyennes communes.

Directions régionales des affaires culturelles 

Les Dracs soutiennent des actions d'investissement et participe à l'achat de matériel informatique, agrandissement, réfection de devanture, travaux d'aménagement.

- Centre national du livre 

Le CNL soutient financièrement les librairies au moyen de prêts et subventions économiques. Ces aides ont notamment vocation à favoriser le développement et la reprise de librairie.

Types de soutiens : 

• aides aux entreprises : prêts sans intérêts ou subventions pour l'accompagnement de projets de création, de reprise ou de développement

• aides aux actions qualitatives : prêts sans intérêts ou subventions pour le soutien aux actions d’animation culturelle, à l’élargissement ou à la création de fonds thématiques

• subventions en faveur des librairies francophones à l’étranger

• accompagnement de projets interprofessionnels

- Association pour le développement de la librairie de création 

L'ADELC, soutenue par le ministère de la Culture depuis le début de son activité, intervient, sous forme de prêts ou de subventions, pour aider à la création, au développement ou à la reprise de librairies. Afin de garantir le maintien de librairies de qualité dans les centres urbains, un fonds spécifique d’aide à la transmission des librairies a été créé en 2008. Grâce à un système de « portage » d’actions, ce fonds permet à l’acquéreur d’étaler ses remboursements sur plusieurs années. La gestion et le suivi de ce fonds est assuré par l’ADELC. 

- Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles 

L'IFCIC est un établissement de crédit agréé par les ministres de la Culture et de l'Économie. accompagne le financement des librairies indépendantes grâce à deux dispositifs complémentaires : la garantie financière offerte aux établissements de crédit qui octroient des crédits en faveur des librairies, et le fonds d'avances remboursables (FALIB) par lequel l'IFCIC octroie des avances de trésorerie.

- Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce culturel 

Le FISAC, géré par le ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, est un dispositif essentiellement destiné à financer les opérations de création, de maintien, de modernisation, d'adaptation ou de transmission des entreprises du commerce, de l'artisanat et des services.

Contrats de filière du Livre État-collectivités locales 

Le ministère de la Culture et de la Communication a été à l’initiative du lancement, en mai 2011, d’une proposition faite aux collectivités locales, de participer à une campagne de contractualisation avec les services déconcentrés de l’État pour intervenir de manière concertée en faveur des filières du livre en région et en particulier des libraires. 

Quelques exemples : 

La Région Sud a mis en oeuvre en 2017 un Dispositif de soutien au développement et à l’innovation de la librairie indépendante dans le cadre d’un accord conclu avec l’État, le Centre national du livre (CNL) et l’Agence du livre Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce dispositif s'adresse uniquement aux librairies non éligibles aux aides dites "classiques" du CNL. Il sera doté de 240 000 € par an pendant trois ans.

Trois types de projets peuvent être déposés : 

- des projet d’investissement

-  des projet de commercialisation

- des projet d’innovation.

Les objectifs sont les suivants : rechercher l’efficacité optimale de l’intervention publique ; maintenir une couverture territoriale dense et diversifiée de librairies indépendantes en Provence-Alpes-Côte d’Azur ; développer l’innovation et les solutions numériques dans les librairies indépendantes de la région. 

Aussi, Dans le cadre du e-Pass Jeunes, la Région Sud s’est engagée auprès des 165 librairies indépendantes de son territoire en leur proposant d’être partenaires du dispositif.

Grâce au e-Pass Jeunes, ce sont quelques 260 000 jeunes âgés de 15 à 25 ans (lycéens, apprentis, élèves ou étudiants du Sanitaire et du travail social, stagiaires de la formation professionnelle) qui pousseront les portes d’une librairie indépendante pour y dépenser les 28 € de leur portefeuille régional consacré à l’acquisition de livres.

Plafond : ? 

En Nouvelle-Aquitaine, un contrat de filière a été signé pour la période 2018-2020. Il comporte un volet relatif à l’économie du livre. Trois sous-volets concernent les librairies indépendantes : 

- le soutien à l’action culturelle : développer l’offre qualitative de livres neufs et stimuler les rencontres autour du livre dans les points de vente indépendants pour encourager l'animation culturelle du territoire. ; permettre aux libraires indépendants de s’approprier et de développer de nouvelles façons de travailler en s’adaptant aux nouvelles technologies.

- le soutien au développement économique : Favoriser, consolider et étendre le réseau de librairies et de points de vente du livre indépendants et de qualité. ; Permettre aux libraires indépendants de s’approprier et de développer de nouvelles façons de travailler en s’adaptant aux nouvelles technologies. ; Accompagner la création de nouveaux emplois dans la filière livre en Nouvelle-Aquitaine.

l’aide à l’emploi : Accompagner la création de nouveaux emplois dans la filière livre en Aquitaine (c'est-à-dire dans l'un des départements suivants : Dordogne, Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques, Gironde). SEULE RÉGION A LE PROPOSER 

Plafond : ? 

En Bretagne, La Région, la DRAC et le CNL se sont engagés à mettre en œuvre une politique conjointe de soutien aux librairies indépendantes depuis 2015. Plusieurs dispositifs existent : 

- le dispositif fonctionnement : cette aide peut porter sur tout projet ponctuel lié à l’activité commerciale ou culturelle de la librairie ( programmation d’animations culturelles, organisation d’événements littéraires ponctuels, compensation financière pour l’embauche temporaire d’un libraire...)

- le dispositif investissement : cette aide peut porter sur tout projet de création, de reprise ou de développement. 

- le dispositif  d’aide pluriannuelle : Cette aide pluriannuelle permet désormais aux librairies d'être soutenues et accompagnées pendant 2 ans pour la mise en œuvre de leur projet : création « ex nihilo », reprise ou structuration d'une librairie généraliste indépendante.

Plafond : 15 000€ (fonctionnement) ; 22 000 € (investissement) ; 40 000€ (pluriannuelle) 

En Normandie, un fond d’aide au développement de l’économie du livre a été mis en place. L’axe prioritaire du dispositif concerne les librairies.  Le dispositif s’articule autour de 6 types d’aides : 

- Aide à l’investissement : la création, la reprise-transmission d’une librairie (la création ou le rachat du stock initial, etc.) ; l’amélioration des espaces de vente et de travail liés au livre : agencement, rénovation, extension ou déménagement et modernisation ; l’amélioration des outils informatiques (informatisation, renouvellement, changement de SSII, etc.).

- Aide au diagnostic personnalisé et spécifique lié à l’activité librairie.

- Aide à la commercialisation : la constitution, l’enrichissement et la diversification d’un fonds général ou création d’un fonds thématique ; le développement de la stratégie commerciale (communication, marketing) ; l’intégration de nouveaux produits et l’extension de l’offre.

- Aide au développement d’une politique d’animation : l’animation culturelle ; la mise en place d’événements exceptionnels et structurants ; la communication liée à cette politique d’animation.

- Aide au développement numérique : la création ou la refonte d’un site internet ; les frais d’abonnement à des sites de vente en ligne existants (uniquement la première année) ; les frais d’abonnement à des logiciels de gestion (uniquement la première année). 

- Aide au personnel : la formation du personnel de la librairie (prise en charge des frais annexes) ; le soutien temporaire et exceptionnel à l’embauche de personnel dédié à l’activité librairie.

Plafond : 20 000€

La Région Ile-de-France a attribué plus de 31 aides aux librairies indépendantes en 2018, soit 521 000 € d’aides directes. Ces aides servent à l’accompagnement des projets de créations, de déménagement, de rénovation, de développement des fonds de livres ou de reprises. 

Plafond : 50 000€

Dans le Grand Est, la région attribue des aides aux libraires indépendants. Ces subventions concernant les dépenses de fonctionnement et d’investissement relatives aux opérations réalisées pour la création, la reprise et la modernisation d’une librairie : travaux, déménagement, agencement, création ou rachat d’un stock, enrichissement du fonds, achat de logiciels.

Sont éligibles les dépenses d’investissement et de fonctionnement relatives à des projets innovants, en matière de développement numérique, à la professionnalisation des personnels non prise en compte par les OPCA et aux actions de communication individuelles, incluant la création de sites internet de vente en ligne.

Les dépenses d’animation culturelle ne sont pas éligibles.

Plafond : 15 000€

En Auvergne-Rhône-Alpes , dans le cadre de leur politique de soutien au secteur de l’économie du livre et à la librairie en particulier, l’État, DRAC Auvergne-Rhône-Alpes et la Région Auvergne-Rhône-Alpes ont mis en place un dispositif destiné à maintenir, renforcer et valoriser le réseau des librairies indépendantes.

Trois types d’aides, sous forme de subvention, accompagnent les libraires dans leurs projets :

- Création, reprise, agrandissement et rénovation ;

- Informatisation initiale ou ré-informatisation ;

- Animations ponctuelles ou régulières.

Plafond : 30 000€ (Reprise) ; 20 000€ (Création, agrandissement, rénovation) ; 5 000€ ( informatisation) ; 10 000€ (animations régulières) : 7 000€ (animations ponctuelles) 

Dans le Centre-Val-de-Loire, dans un accord-cadre signé entre la Région Centre-Val de Loire, la Direction régionale des affaires culturelles Centre-Val de Loire, le Centre national du livre et Ciclic, un dispositif a été mis en place et s’articule autour de deux axes : 

- Aides à l’investissement : la création, la reprise-transmission des librairies : droit au bail, stock, travaux ; l’amélioration des espaces de vente et de travail liés au livre ; l’amélioration de l’équipement informatique.

- Aides au fonctionnement : Aide à la commercialisation ( développement politique d’animation, stratégie commerciale) ; aide à l’innovation (expérimentation dans le domaine du numérique) ; aide au personnel ( formation et soutien temporaire à l’embauche du personnel) 

Plafond : 12 000€ (fonctionnement) / 22 000€ (investissement) 

Dans les Hauts de France, un programme de soutien aux librairies indépendantes a vu le jour récemment. L’aide peut prendre deux formes : 

- Aide au fonctionnement (participation à la vie culturelle des Hauts-de-France, actions dans la librairie et hors les murs - rencontres, lectures, débats avec les auteurs...) 

- Aide à l’investissement (acquisition ou renouvellement de matériel, développement du stock)

Plafond : ? 

Dans les Pays de la Loire, sont soutenus : 

- les actions visant à favoriser la fréquentation (aides au fonctionnement) 

- le développement économique des librairies ( aides à l’investissement) 

Plafond : 15 000€

La Bourgogne-Franche-Comté propose des aides dans des situations de : 

- mise en place d’un programme d’équipements informatiques

- constitution d’un stock d’ouvrages dans le cadre d’une création de librairie ou dans le cadre d’une évolution significative de la librairie (agrandissement, modification de la politique éditoriale de la librairie…).

- la réalisation d’une opération de rachat de stock dans le cadre d’une reprise ou d’une transmission 

- la réalisation des travaux ou achat de mobilier 

Plafond : 4000 €  (Équipements informatiques) ; 15 000€ (constitution ou rachat de stock) ; 20 000€ (travaux et achat de mobilier) ; 

Occitanie et Corse : des aides existent mais sites inaccessibles. La librairie est l’acteur le mieux rémunéré de la chaine

Le prix moyen d’un livre est de 10 euros. D’après le SNE, sur ces 10 euros, l’auteur touche 1 €, l’éditeur 1,50€ (création éditoriale, relecture, correction, mise en forme, maquettage, marketing, promotion commerciale, service de presse, vente de droits étrangers et de droits audiovisuels et frais de structure), l’imprimeur 1,50 € (pré-presse - qui peut aussi être réalisé par le service de fabrication de l’éditeur - achat du papier et impression), le diffuseur et le distributeur perçoivent 1,70 € et le libraire 3,80 €. L’Etat récolte quant à lui 0,50 € de TVA. L’auteur gagne manifestement le moins alors que sans le lui le livre n’existe pas. Le libraire quant à lui est celui qui rapporte le plus.

Néanmoins, il faut savoir que le détaillant est aussi celui qui paie le plus de charges fixes en proportion (transport des livres, locaux, salaires), plus une gestion très lourde d’un inventaire surtout pour les petites structures. Il faut savoir que pour les plus petites librairies, le stock se compose au minimum de 5 000 références. Pour les plus grandes librairies, on en compte en moyenne plus de 100 000. Pour une librairie indépendante, les charges de personnel absorbent 17,7% du chiffre d’affaires, soit plus de la moitié de la marge commerciale. Pour les petites librairies, cette part atteint 18,2 % et représente une moyenne de 1.600 € mensuel, soit un coût inférieur au SMIC, ce qui suppose que certains dirigeant ne se versent pas de salaires réguliers. La part des loyers varie de 0 à plus de 8 % du chiffre d’affaires et représente 3,8 % en moyenne du chiffre d’affaires des petites librairies, part qu’on sait être beaucoup plus importante à Paris.Le transport représente de 0,1 à 3,6 % du chiffre d’affaires, soit 1,5 % en chiffres globalisés. Si à Paris, le poids du transport est moins important qu’en province, le coût moyen supporté par les petites librairies reste supérieur relativement aux plus grandes : 1,9 %.

Par ailleurs, les librairies sont soumises à une grosse pression, elles doivent vendre les livres achetés pour ne pas être à perte. Or, seulement 22% des achats de livres se font en librairie en 2017. 

Le secteur de l’édition est à la fois hyperconcentré et hyperfragmenté

Trois maisons d’édition dominent la filière : Hachette Livre, Editis et Média-Participations. 

Hachette Livre, la branche édition du groupe françaisLagardère, domine très largement le secteur de l’édition française avec un chiffre d’affaire avec 2 289 millions d’euros. L'éditeur, qui s'inscrit au 5e rang mondial de l'édition emploie plus de 7.587 personnes réparties dans 70 pays et compte plus de 150 marques comme Larousse, Livre de poche, Fayard, Grasset, Stock, ou encore Calmann-Lévy.

Ensuite, vient la maison d’édition Editis, qui est une filière du groupe français Vivendi depuis 2018. Elle possède les marques Robert Laffont, Plon, Le Robert, La Découverte, Le Cherche-Midi, Presses de la Cité, Julliard ...  Le groupe compte 2 600 salariés et plus de 40 marques d’édition, pour un chiffre d'affaires annuel de 759 millions d'euros en 2017

En troisième position, on retrouve Média-Participations, groupe d’édition, de presse et de production audiovisuelle franco-belge. Né initialement de la fusion des éditions Fleurus et des éditions Mame, le groupe siège à cette troisième placegrâce à l’acquisition en décembre 2017 du groupe français La Martinière. Elle devance Lefebvre Sarrut et la Madrigali. Le nouveau groupe affiche un chiffre d’affaires de 561 millions d’euros en 2017. Lefebvre Sarrut n’est pas loin derrière, puisque la maison d’édition désormais en 4e position enregistre un chiffre d’affaires de 450 millions d’euros la même année. 

Cette concentration n’est pas un phénomène récent. Depuis le milieu des années cinquante, il est particulièrement visible, même s’il s’est accéléré dans le dernier tiers du XXe siècle. Mais, quel est l’enjeu de cette concentration ? Premièrement, il s’agit d’une question de diversification des produits. Un groupe éditorial rachetant une maison d’édition indépendante recherche la diversification de sa gamme éditoriale. En juillet 2018, Hachette Livre en rachetant la maison d’édition La Plage étend ainsi son offre aux livres de cuisine végétarienne, bio, de cosmétiques bios, de yoga... 

Ces rachats ont d’autres finalités. Ils permettent à la maison d’édition d’avoir une emprise sur les librairies. Pour ne prendre d’un exemple. Plus d’un livre sur deux est distribué par le groupe Lagardère. La position dominante du groupe lui permet à plus ou moins long terme de baisser les marges commerciales des librairies. Elle lui permet aussi d’imposer aux détaillants de privilégier les livres du groupe. Le groupe est en capacité d’imposer aux libraires de privilégier les livres du groupe. Le libraire qui refuserait verrait imperceptiblement ses marges bénéficiaires diminuer. 

Si deux livres sur trois sont diffusés par Lagardère, cela signifie aussi qu’un grand nombre d’éditeurs indépendants du point de vue du capital sont de fait sous la dépendance de Lagardère parce que celui-ci les diffuse. Pour se vendre, le livre a besoin d’être vu en librairie. La diffusion du livre comprend toutes les activités de commercialisation du livre, visites de représentants auprès des libraires et grandes surfaces, négociations des marges commerciales, du nombre de livres plus ou moins important envoyés aux libraires lors de la parution d’un nouvel ouvrage. Contrôler la diffusion d’un livre, c’est donc contrôler sa présence chez les libraires. Quand une grosse maison d’édition diffuse un petit éditeur, si la stratégie ou le comportement de cet éditeur ne lui convient pas, il lui suffit de réduire son action de diffusion pour mettre en danger les ventes de cet éditeur.

Les risques d’une telle concentration sont tout d’abord ce que certains appellent le règne du livre marketing puis  l’uniformisation de l’offre. Les maisons d’édition, dans ce contexte de concentration, ont recours à de nombreuses logiques marketing. Elles conduisent à sélectionner les manuscrits de livres en fonction de leur capacité à générer de la promotion (articles de presse, émissions de télé...). La multiplication du nombre de références renforce d’autant plus le rôle de la promotion dans l’accès au lecteur. En 2017, 68 199 livres et éditions qui ont été publiés. Seront connus du public, seuls les références ayant fait l’objet d’une promotion suffisante. Or, seuls les leaders de l’édition comme Hachette Livre ou encore Éditis peuvent se prévaloir d’une emprise sur les médias. Ce qui pose problème dans cette logique marketing, c’est que les ventes d’un livre dépendent principalement, non de ses qualités intrinsèques , mais des modalités et de la puissance de la promotion du livre.

Le second danger a été analysé par le sociologue Pierre Bourdieu. L’uniformisation découlerait de la logique de livre marketing. Le nombre de nouveaux livres n’a été aussi important pourtant, cela ne serait pas gage de diversité. Centrés sur la même cible, utilisant les mêmes techniques publicitaires, les manuels des différents éditeurs tendent alors à se ressembler..

Le risque est aussi réel pour les maisons d’édition indépendantes. Comme abordé précédemment, les grandes maisons d’édition, ayant elles les moyens, sont aussi diffuseurs/distributeurs. Or, une petite maison d’édition est obligée de déléguer cette étape. Elle se retrouve alors contrainte de respecter les conditions de la maison d’édition acceptant de diffuser ses ouvrages. Il y a un vrai risque d’auto-censure. 

Si une vingtaine de « grandes maisons » dominent le marché, il existe également une multitude d’autres maisons. Selon SNE, la France compterait environ 10 000 structures éditoriales dont 4 000 pour lesquelles l’édition constitue l’activité principale et 1 000 dont l’activité est significative sur le plan économique. Le nombre d’éditeurs serait, selon la BNF, en hausse. En 2017, le nombre de déposants actifs, c’est-à-dire de déposants qui font au moins un dépôt dans l’année, a lui aussi dépassé 8 501 déposants, contre 8 224 en 2016. 

Le nombre de références augmente

En 25 ans, deux fois plus de titres ont été publiés. Alors qu’en 1990, 38 414 titres différents dont 20 252 nouveautés étaient publiés, en 2017 on en compte 68 199. D’après le rapport Gaymard, entre 1994 et 2008, la part des principaux secteurs éditoriaux tels que les répertorie la base bibliographique Electre est relativement stable. Le seul mouvement marqué est la hausse du poids des bandes dessinées (de 2 % à 7 % du nombre de nouveautés), qui explique à elle seule la hausse du poids de la catégorie Littératures, et le léger recul du poids des catégories Philosophie, Sciences sociales, et Géographie et histoire. 

Dans un étude plus récente, on remarque qu’en 2015, la littérature et techniques d’écriture concentre 44% des titres parus cette année là. 14% l’histoire, la géographie et biographie ; 12% les sciences sociales ; 11% des sciences : 10% les arts,  jeux et sport ; 4% la philosophie et la psychologie ;3% la religion et la théologie. Dans le détail de la littérature, on apprend que près de 50% des livres parus sont des romans, 21% de la littérature jeunesse, 14% de la BD, 11% de la poésie et 3% du théâtre. 

La difficulté de cette profusion éditoriale est d’assurer une visibilité à tous ces ouvrages. D’après une étude menée par Electre, alors que 98 306 titres dont 43 600 nouveaux ont été publiés, seuls 15 315 ouvrage ont été médiatisés. De plus, selon le SNE, pour être vendu, un livre doit être disponible. Or la table des libraires n'est pas d'une longueur infinie. Le nombre moyen de titres disponibles dans les plus grandes librairies n'est que de 50.000. Pour une librairie de taille raisonnable consacrant 100 mètres carrés aux livres, le stock tombe à moins de 15.000 ». 

Le nombre de ventes baissent

Après avoir oscillé entre 300 millions et 330 millions d'exemplaires entre 1986 et 1995, les ventes en volume ont progressé régulièrement depuis les années 1990 pour atteindre une hausse de près de 50% sur la période 1995-2007. Cependant, le nombre d’exemplaires a ensuite baissé jusqu’en 2015, pour repartir à la hausse et atteindre les 434,5 millions en 2016. Depuis deux ans, on assiste à une nouvelle baisse des ventes. D’après une étude parue ce vendredi dans le magazine Livres Hebdo, les ventes de livres ont reculé en France de 1,7% en 2018, après avoir déjà reculé de 1,1% en 2017.

Aucun circuit de distribution n’est épargné, même si les grandes surfaces culturelles type la Fnac s’en sortent mieux avec un recul d’à peine – 0,2% vs 2017. Toutefois, cette baisse des ventes ne résulte pas d’un changement d’habitude des Français.  La librairie et la GSC (grande surface culturelle, type Fnac ou Cultura) sont toujours le duo de tête des lieux d’achats de livres neufs. La vente en ligne a gagné du terrain. En effet, 45% des acheteurs ont recours à des sites internet pour se procurer leurs livres neufs. 65 % vont dans des librairies, et 79 % dans les grandes surfaces culturelles

Selon les secteurs de l’édition, les chiffres sont contrastés. Ainsi, les ventes de dictionnaires (- 38 %), de cartes et atlas (-31 %), de livres scolaires (-30 %), chutent-elles de façon importante. Au contraire, certains segments progressent : loisirs et vie pratique (+ 16 %), jeunesse (+15 %), histoire (+ 4 %), bandes dessinées (+ 3 %). Le livre le plus vendu de l'année (toutes catégories confondues) est le 37e album des aventures d'Astérix, "Astérix et la transitalique". Le format poche est également en légère hausse. 

Pour le président du Centre National du Livre (CNL), Vincent Monadé, l’explication n’est pas intrinsèque au marché : la production est stabilisée et le prix des livres progresse moins vite que l’indice général de l’INSEE. Non le problème se trouve ailleurs : le temps consacré à la lecture ne cesse de reculer. Selon l’IPSOS, la dynamique de lecture est globalement en baisse depuis plusieurs années, malgré que les Français déclarent vouloir lire davantage. Ils manqueraient à la fois de temps et succomberaient à d’autres loisirs plus facilement. Chez les jeunes, la lecture est concurrencée par la sortie entre amis, les jeux vidéos et la pratique d’un sporttandis que chez les plus de 65 ans il s’agit des médias traditionnels (TV, magazines, radios) et les sorties culturelles. La concurrence des activités digitales pèse également de plus en plus. Les Français notamment les femmes et les 25-49 ans consacrent du temps aux réseaux sociaux.  

Les distributeurs (à rattacher aux conséquences de la concentration) 

Hachette et Éditis par leurs filières contrôlent plus de la moitié de la diffusion/distribution. Les 5 plus grands diffuseurs/distributeurs représentent environ 85 à 90% de la distribution de livres.  Le fait que les éditeurs distribuent également et pas seulement leurs propres maisons d’édition est une particularité française.

Le prix unique a permis aux librairies indépendantes de résister à la grande distribution

La France dispose de l’un des plus réseaux de librairies indépendants les plus denses du monde avec environ 3000 librairies. Et ce chiffre est stable depuis 15 ans.  Chez nos voisins européens : en Espagne, on en compte seulement 1432. 393 aux Pays-Bas. 1028 au Royaume-Uni. Les librairies résistent.  La part de marché des librairies est passée de 24,5 % en 2008-2009, à 22 % en 2016-2017

La richesse de l’offre éditoriale comme preuve d’une stabilité du marché du livre:

En 2016, plus de 722 500 références ont été vendues, un nombre qui ne cesse d’augmenter. En 2007, il  y en avait une fois et demi de moins soit 485 824. Plus de 72% de ces références sont vendus par les librairies contre 31% par les GSA et 59% par les GSS. En 2017, 68 199 nouveaux livres et éditions ont été publiés. La même année, 343 millions de livres papiers ont été achetés. Disponibles depuis 1986 seulement, les données sur le nombre d'exemplaires vendus montrent qu'après avoir oscillé entre 300 millions et 330 millions d'exemplaires entre 1986 et 1995, les ventes en volume ont progressé de façon très régulière jusqu'en 2007 pour atteindre le chiffre record de 445 millions d'exemplaires en 2007 (hors fascicules), soit une hausse de près de 50 % en l'espace de 12 ans.

Le prix unique a provoqué une uniformisation du livre favorable aux ouvrages à rotation lente

Le prix unique a entraîné l’augmentation du prix des livres qui se vendent bien, les bestsellers (à rotation rapide) pour financer le manque à gagner sur les ouvrages difficiles, à rotation lente (scientifiques, philosophiques, spécialisés...).  

Le prix unique n’a pas provoqué une augmentation du prix du livre 

Juste après l’adoption de la loi, une augmentation a été ressentie. En 1981, le prix moyen du livre était de 11,4 francs. En 1982, il passait à 16,3 francs. Cette tendance s’est prolongée jusqu’au début des années 1990. Cela s’explique par les différents ajustements réalisés par les grandes surfaces pour s’adapter au prix unique et par les éditeurs pour s’ajuster aux conditions du marché de la période. 

Mais depuis 2000, le prix du livre a évolué deux moins vite que l’inflation. En 2009, Hervé Gaymard, rendait un rapport dans le cadre des discussions autour de l’instauration d’un prix unique du livre numérique dans lequel il montrait la difficulté à établir un lien entre prix unique et prix relatif du livre. Ainsi le prix relatif a ainsi augmenté en Hongrie, qui dispose d’un système de prix unique tout comme la France ; au contraire, il a baissé en Irlande qui a pourtant un régime de prix libres. Enfin, il a augmenté au Royaume-Uni, alors que le prix unique a été supprimé. 

Le nombre de librairies se maintient globalement 

Attention, il ne s’agit pas uniquement des librairies indépendantes. 

D’après le répertoire SIREN,  la France compterait 4588 librairies françaises sur le territoire métropolitain dont Corse en 2018, soit une moyenne nationale d’une librairie pour 14 167 habitants (ou 0,70 librairie pour 10 000 habitants). Le recensement des librairies par région révèle une répartition géographique des librairies particulière sur le territoire français. En effet, à l’exception de la Corse, toutes les régions situées au sud de la Loire ont plus de librairies que la moyenne nationale sur leur territoire. En Paca, on trouve 0,87 librairie pour 10 000 habitants, en Occitanie 0,87, en Nouvelle-Aquitaine 0,71, en Auvergne-Rhône-Alpes, 0,82. Au nord de la Loire, l’Île-de-France fait figure d’exception avec une moyenne de 1,02 librairie pour 10 000 habitants.

Il existe également des différences d’une ville à l’autre.  A population en nombre équivalent, lorsque les populations sont plus modestes, il y a manifestement moins de librairies. Par exemple, lorsque l’on compare Rouen dont la population est composée de 13,5% de CSP + et Saint-Denis dont la population est composé de 7,9% de CSP +, on remarque que Saint-Denis ne dispose que de 7 librairies contre 29 à Rouen. Le constat est le même avec Caen et Tourcoing. Caen qui possède 11,2% de CSP+ possède 19 librairies tandis que Tourcoing qui possède 5,4% de CSP+ possède seulement 4 librairies. 

Comment expliquer cela ? La justification se trouve certainement dans le caractère socialement marqué de la lecture. Les Français qui lisent le plus (20 livres et + par an) sont des femmes (30%), de plus de 50 ans (59%), majoritairement diplômés (55% ont un diplôme universitaire dont 18% ont un bac +5 ou +). L’achat de livre en librairie est socialement marqué. Plus de 32% des Français pensent que le prix des livres en librairie est plus élevé qu’ailleurs. Les libraires ont certainement une grande part de responsabilité dans cela. De nombreux articles montrent que ces derniers se sont enfermés dans une forme de culture élitiste, pas suffisamment ouverte à une culture plus populaire, éloignée des nouvelles technologies et des nouveaux rapports à la culture. Cette attitude aurait exclu une catégorie de lecteurs moins cultivés lesquels se tourneraient alors vers la vente en ligne, leur garantissant une absence de jugement. 

Les évolutions technologiques et leur impact sur la distribution 

E-Book 

En France, le livre numérique pèse moins de 5% des ventes totales de livres contre 25% en Angleterre ou aux Etats-Unis. L’e-book peine à séduire les Français malgré une demande qui se veut croissante. En effet, il existe bel et bien un engouement pour le livre numérique en France. La proportion de lecteurs de livres numériques a quadruplé en cinq ans passant de 5% en 2012 à 21% en 2017 selon le SNE. Chez les jeunes, 10% des lecteurs ne lisent d'ailleurs plus que sur tablette et smartphone, soit 5 fois plus que leurs ainés.  Malgré cela, les ventes du livre du numérique en chiffre d’affaires n’augmentent que faiblement. En France, leur estimation varie, en fonction des sociétés d'auteurs, d'éditions, et des observatoires, de 2,5 à 3,5% du marché global du livre. Un niveau très inférieur à celui des pays anglo-saxons, où le e-book a rapporté jusqu'à 35% des revenus totaux du livre, et s'est stabilisé à 25%. L’explication se trouverait dans la faible différence entre la version papier et numérique. Chez Hachette, la différence de prix entre les versions papier et numérique d'un titre se situe "entre 25 et 35%". Cet écart déjà faible se réduit à rien quelques mois plus tard, lorsque la version Poche du titre est publiée. Certains romans se retrouvent même plus chers en version numérique qu'en papier. Parmi les nombreux cas recensés par Liseuses.net, on trouve par exemple Petit Pays, de Gaël Faye, à 7,10 euros en Poche, contre 7,50 en e-pub (pour "e-publication", un des formats des livres numériques). Or, les lecteurs attendent une décote d’au moins 40% pour se mettre au numérique d’après une étude menée en 2011. 

Six ans plus tard, les Français ne semblent toujours pas prêts à dépenser autant pour un livre numérique. En 2017, on apprend dans une étude du SNE que les lecteurs d’e-book privilégient à 73% les livres gratuits et 44% ne dépensent pas plus de 4 euros par ouvrage.

Les Français ne semblent pas prêts à débourser plus pour un livre numérique car, sans doute animés par la croyance que la production d’un e-book ne coûte pas grand chose. Or, elle engage "des frais de serveurs pour héberger les contenus, et des droits pour la librairie numérique qui va vendre le titre sur sa plateforme", note GfK. Ces droits s'élèveraient à 30% du prix du livre chez le leader Amazon et son challenger français partenaire de la Fnac, Kobo. Il y a aussi des coûts incompressibles (la rémunération de l’auteur, le travail de lecture et relecture, le marketing..) 

L’auto-édition et impression à la demande

Il s’agit de la seconde révolution technologique du monde du livre. De plus en plus de Français essayeraient. Selon le site ActuaLitté, 11500 titres autoédités ont fait l'objet d'un dépôt légal en 2015, contre 4000 en 2005. De nombreuses plateformes s’y consacrent : BoD, Edilivre, Iggybook, KDP d’Amazon, Librinova, Publibook, Publishroom, TheBookEdition, etc.

KDP d’Amazon est la plus connue. Elle permettait initialement à chacun de pouvoir publier son manuscrit afin qu’il puisse être téléchargé sur la liseuse. Amazon a associé en 2016 un nouveau service : le print-on-demand (impression à la demande). Il offre la possibilité d’imprimer un exemplaire papier d’un livre, au moment de sa commande sur le site. Le concept de print-on-demand réside dans l’absence de stock, tout se déroule en flux tendu, chaque livre étant imprimé au moment de l’achat du livre par un client – évitant tout pilon. Les droits d’auteurs proposés par Amazon, selon les contrats, varient de 35 % à 70 %. Pour un auteur, débutant ou réputé, ces chiffres sont plus intéressant qu’une maison d’édition classique, dont le pourcentage varie, selon le nombre d’exemplaires vendus, entre 8 et 12 %. Ainsi, un écrivain doit vendre près de 9 fois plus d’exemplaires d’un livre ayant été édité par un éditeur traditionnel, pour gagner autant par le biais d’Amazon. 

Cette innovation ne nuit pas aux éditeurs au contraire. Cela vient en complémentarité de l’édition classique. De nombreuses maisons d’édition repèrent notamment des écrivains sur ces plateformes et signent par la suite des contrats avec eux. Les maisons d’édition classiques disposent des moyens de commercialisation et de diffusion incomparables. L’exemple d’Agnès Martin-Lugand est parlant. Au départ, son livre, Les gens heureux lisent et boivent du café était en vente à 0,89 centimes sur KDP Amazon, Kobo, Chapitre.com et iTunes. Au bout de 3 mois, elle a réussi à en vendre plus de 8500 exemplaires. Michel Lafon attiré par ces chiffres prometteurs a alors racheté les droits pour l’édition papier. Il s’en est alors vendu plus de 500 000 exemplaires (en grand format puis en poche). 

La position des autres acteurs sur le marché 

Internet : Amazon – autres sites 

Internet représente 20% des ventes de livre en 2017. Elles ne représentaient que 9,6% en 2008. Ces ventes favorisent les ouvrages vendus entre 1 et 1000 exemplaires, avec une hausse de 14 à 18 % du volume total des ventes pour les ouvrages dont les ventes sont inférieures à 1000 exemplaires.  80% de références ont été vendues par Internet.

En 2016, 11,3 millions de français ont acheté des livres du Internet contre 10,7 millions en 2015. En 2017, 13% des Français achètent leurs livres sur des sites de vente en ligne de livres numériques soit 3 pts de plus qu’en 2015. 

Pour Amazon, les chiffres disponibles sont assez vieux mais relativement parlant. D'après Xerfi il a enregistré en France un chiffre d'affaires 2013 compris entre 475 et 500 millions d'euros sur le segment du livre imprimé. Amazon capterait ainsi 70% de la vente en ligne d'ouvrages imprimés en France. La boutique en ligne s'appuyait en effet sur un catalogue de 400 000 références en français et 800 000 en anglais, disponibles en versions papier et électronique. 

En 2015, Amazon disposait de 800 000 références de livres papier dont 625 000 en langue française et 3 millions d’eBooks sur la boutique Kindle, dont 175 000 en français. Il était crédité d’une part de marché de 12 ou13% des ventes de livre. 

Grande distribution 

La grande distribution non spécialisée concentre 19% des parts de marché. Ce chiffre est stable depuis 2008. 31% de références ont été vendue en GSA. En 2017, 42% des Français se rendent dans les hypermarchés et les supermarchés pour acheter un livre. 

Distribution spécialisée type Fnac  

Selon les chiffres du ministère de la Culture, la part de marché des grandes surfaces spécialisées dans les ventes de livres a augmenté depuis 2009. Elle était de 21,6 % au cours de la saison 2008-2009, de 25,5 % au cours de la saison 2016-2017. Selon le syndicat national de l’édition, cette augmentation résulterait de l’augmentation du parc de magasins, notamment à proximité des centres-villes. Ces grandes surfaces bénéficieraient aussi de leur stratégie multi-canal. Notamment du click and collect, qui consiste à commander sur internet et retirer le livre en magasin.

La diminution de la place du livre dans certaines de ces grandes surfaces culturelles est compensée par l’augmentation du nombre de magasins, et leur présence sur internet.

59% de références ont été vendus en GSS.

Les GSC restent les lieux d’achat préférés des Français puisque selon l’IPSOS, ils sont 79% à s’y rendre pour acheter un livre en 2017 soit 7 pts de plus qu’en 2015 

La Fnac détiendrait à elle seule 17% des parts du marché. 

Les libraires de demain 

La place du libraire dans la ville de demain ( ?) 

Quelles évolutions du métier pour s’adapter ?

Les librairies doivent s’adapter au numérique, tout en conservant ce qui les différencie de leurs concurrents à savoir le conseil et la proximité.

Les libraires doivent faire rentrer le numérique dans leur boutique. De nombreuses nouvelles technologies permettent d’introduire en librairie de nouveaux outils de gestion par exemple. Le traitement des données dématérialisées facilite le fonctionnement et la gestion du commerce pour le libraire. Il existe des logiciels de gestion mais aussi d’échanges de données informatisées (EDI), de bases de données bibliographiques enrichies, de fichiers clients, CRM ou GRC (Gestion des relations clients)... Cela peut permettre un gain de temps important.

Cette adaptation au numérique passe aussi par la création de sites internet, et la familiarisation aux réseaux sociaux. Ces outils peuvent se révéler de vrais atouts communicationnels. Ils servent à relayer ou annoncer des informations ou des événements, tels que des dédicaces ou des rencontres littéraires qui ont eu ou vont avoir lieu, des jours de fermeture et d’ouverture exceptionnelles. Mais aussi à partager des articles ou des coups de cœur. Ces moyens de communication numérique permettent au libraire d’être au plus près des lecteurs et répondre à leurs besoins et demandes, plus rapidement. 

Cette adaptation au numérique doit s’accompagner d’un retour à la proximité. Cela passe par la multiplication d’événements, d’ateliers lectures, de salons... La librairie doit être envisagée comme un troisième lieu. 

Cela passe aussi par la création de lieux hybrides, plus ouverts. Le concept : lier une activité peu rentable avec une autre plus lucrative. Par exemple, Marc Faujanet qui a fait fortune dans l’immobilier, le sport, la pâtisserie, a ouvert plusieurs grandes librairies en Gironde (en tout, 4 600 m2 pour 350 000 références), dans la zone commerciale de Pessac (45e parallèle), le prestigieux cours de l’Intendance à Bordeaux (Librairie de la Comédie et BD Avenue), et sur la plus belle place d’Arcachon (Librairie des Marquises). Sa recette consiste à associer, sous le même toit, commerce du livre et restauration. 

L’un des points d’évolution apparaît nécessaire face à la montée de la concurrence. Les librairies indépendantes ont l’obligation de se regrouper pour mutualiser les stocks notamment mais pas seulement. Le Syndicat de la Librairie a lancé par exemple le site www.librairiesindependantes.com, qui rassemble l’offre de plus de 800 libraires français. Ce dernier fonctionne à l’image d’un moteur de recherche : vous entrez le nom du livre que vous recherchez et le site vous génère en retour une liste de librairies qui le commercialise. Vous pouvez alors passer directement commande sur le site de vente en ligne du libraire que vous avez sélectionné, avant de vous faire livrer à domicile, de la même manière que sur n’importe quel autre site e-commerce 

Les différentes types d aides publiques

Label Librairie indépendante de référence 

Dispositif créé en 2007 pour soutenir et valoriser le travail de sélection, de conseil et d’animation réalisé par des librairies de qualité qui participent, par leur engagement en faveur de la diffusion du livre, à l’aménagement et à l’animation culturelle des territoires. Il vise à maintenir un réseau de librairies de qualité dense et diversifié dans le centre des grandes villes comme dans les zones rurales, ou encore dans les petites et moyennes communes.

Directions régionales des affaires culturelles 

Les Dracs soutiennent des actions d'investissement et participe à l'achat de matériel informatique, agrandissement, réfection de devanture, travaux d'aménagement.

- Centre national du livre 

Le CNL soutient financièrement les librairies au moyen de prêts et subventions économiques. Ces aides ont notamment vocation à favoriser le développement et la reprise de librairie.

Types de soutiens : 

• aides aux entreprises : prêts sans intérêts ou subventions pour l'accompagnement de projets de création, de reprise ou de développement

• aides aux actions qualitatives : prêts sans intérêts ou subventions pour le soutien aux actions d’animation culturelle, à l’élargissement ou à la création de fonds thématiques

• subventions en faveur des librairies francophones à l’étranger

• accompagnement de projets interprofessionnels

- Association pour le développement de la librairie de création 

L'ADELC, soutenue par le ministère de la Culture depuis le début de son activité, intervient, sous forme de prêts ou de subventions, pour aider à la création, au développement ou à la reprise de librairies. Afin de garantir le maintien de librairies de qualité dans les centres urbains, un fonds spécifique d’aide à la transmission des librairies a été créé en 2008. Grâce à un système de « portage » d’actions, ce fonds permet à l’acquéreur d’étaler ses remboursements sur plusieurs années. La gestion et le suivi de ce fonds est assuré par l’ADELC. 

- Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles 

L'IFCIC est un établissement de crédit agréé par les ministres de la Culture et de l'Économie. accompagne le financement des librairies indépendantes grâce à deux dispositifs complémentaires : la garantie financière offerte aux établissements de crédit qui octroient des crédits en faveur des librairies, et le fonds d'avances remboursables (FALIB) par lequel l'IFCIC octroie des avances de trésorerie.

- Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce culturel 

Le FISAC, géré par le ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, est un dispositif essentiellement destiné à financer les opérations de création, de maintien, de modernisation, d'adaptation ou de transmission des entreprises du commerce, de l'artisanat et des services.

Contrats de filière du Livre État-collectivités locales 

Le ministère de la Culture et de la Communication a été à l’initiative du lancement, en mai 2011, d’une proposition faite aux collectivités locales, de participer à une campagne de contractualisation avec les services déconcentrés de l’État pour intervenir de manière concertée en faveur des filières du livre en région et en particulier des libraires. 

Quelques exemples : 

La Région Sud a mis en oeuvre en 2017 un Dispositif de soutien au développement et à l’innovation de la librairie indépendante dans le cadre d’un accord conclu avec l’État, le Centre national du livre (CNL) et l’Agence du livre Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce dispositif s'adresse uniquement aux librairies non éligibles aux aides dites "classiques" du CNL. Il sera doté de 240 000 € par an pendant trois ans.

Trois types de projets peuvent être déposés : 

- des projet d’investissement

-  des projet de commercialisation

- des projet d’innovation.

Les objectifs sont les suivants : rechercher l’efficacité optimale de l’intervention publique ; maintenir une couverture territoriale dense et diversifiée de librairies indépendantes en Provence-Alpes-Côte d’Azur ; développer l’innovation et les solutions numériques dans les librairies indépendantes de la région. 

Aussi, Dans le cadre du e-Pass Jeunes, la Région Sud s’est engagée auprès des 165 librairies indépendantes de son territoire en leur proposant d’être partenaires du dispositif.

Grâce au e-Pass Jeunes, ce sont quelques 260 000 jeunes âgés de 15 à 25 ans (lycéens, apprentis, élèves ou étudiants du Sanitaire et du travail social, stagiaires de la formation professionnelle) qui pousseront les portes d’une librairie indépendante pour y dépenser les 28 € de leur portefeuille régional consacré à l’acquisition de livres.

Plafond : ? 

En Nouvelle-Aquitaine, un contrat de filière a été signé pour la période 2018-2020. Il comporte un volet relatif à l’économie du livre. Trois sous-volets concernent les librairies indépendantes : 

- le soutien à l’action culturelle : développer l’offre qualitative de livres neufs et stimuler les rencontres autour du livre dans les points de vente indépendants pour encourager l'animation culturelle du territoire. ; permettre aux libraires indépendants de s’approprier et de développer de nouvelles façons de travailler en s’adaptant aux nouvelles technologies.

- le soutien au développement économique : Favoriser, consolider et étendre le réseau de librairies et de points de vente du livre indépendants et de qualité. ; Permettre aux libraires indépendants de s’approprier et de développer de nouvelles façons de travailler en s’adaptant aux nouvelles technologies. ; Accompagner la création de nouveaux emplois dans la filière livre en Nouvelle-Aquitaine.

l’aide à l’emploi : Accompagner la création de nouveaux emplois dans la filière livre en Aquitaine (c'est-à-dire dans l'un des départements suivants : Dordogne, Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques, Gironde). SEULE RÉGION A LE PROPOSER 

Plafond : ? 

En Bretagne, La Région, la DRAC et le CNL se sont engagés à mettre en œuvre une politique conjointe de soutien aux librairies indépendantes depuis 2015. Plusieurs dispositifs existent : 

- le dispositif fonctionnement : cette aide peut porter sur tout projet ponctuel lié à l’activité commerciale ou culturelle de la librairie ( programmation d’animations culturelles, organisation d’événements littéraires ponctuels, compensation financière pour l’embauche temporaire d’un libraire...)

- le dispositif investissement : cette aide peut porter sur tout projet de création, de reprise ou de développement. 

- le dispositif  d’aide pluriannuelle : Cette aide pluriannuelle permet désormais aux librairies d'être soutenues et accompagnées pendant 2 ans pour la mise en œuvre de leur projet : création « ex nihilo », reprise ou structuration d'une librairie généraliste indépendante.

Plafond : 15 000€ (fonctionnement) ; 22 000 € (investissement) ; 40 000€ (pluriannuelle) 

En Normandie, un fond d’aide au développement de l’économie du livre a été mis en place. L’axe prioritaire du dispositif concerne les librairies.  Le dispositif s’articule autour de 6 types d’aides : 

- Aide à l’investissement : la création, la reprise-transmission d’une librairie (la création ou le rachat du stock initial, etc.) ; l’amélioration des espaces de vente et de travail liés au livre : agencement, rénovation, extension ou déménagement et modernisation ; l’amélioration des outils informatiques (informatisation, renouvellement, changement de SSII, etc.).

- Aide au diagnostic personnalisé et spécifique lié à l’activité librairie.

- Aide à la commercialisation : la constitution, l’enrichissement et la diversification d’un fonds général ou création d’un fonds thématique ; le développement de la stratégie commerciale (communication, marketing) ; l’intégration de nouveaux produits et l’extension de l’offre.

- Aide au développement d’une politique d’animation : l’animation culturelle ; la mise en place d’événements exceptionnels et structurants ; la communication liée à cette politique d’animation.

- Aide au développement numérique : la création ou la refonte d’un site internet ; les frais d’abonnement à des sites de vente en ligne existants (uniquement la première année) ; les frais d’abonnement à des logiciels de gestion (uniquement la première année). 

- Aide au personnel : la formation du personnel de la librairie (prise en charge des frais annexes) ; le soutien temporaire et exceptionnel à l’embauche de personnel dédié à l’activité librairie.

Plafond : 20 000€

La Région Ile-de-France a attribué plus de 31 aides aux librairies indépendantes en 2018, soit 521 000 € d’aides directes. Ces aides servent à l’accompagnement des projets de créations, de déménagement, de rénovation, de développement des fonds de livres ou de reprises. 

Plafond : 50 000€

Dans le Grand Est, la région attribue des aides aux libraires indépendants. Ces subventions concernant les dépenses de fonctionnement et d’investissement relatives aux opérations réalisées pour la création, la reprise et la modernisation d’une librairie : travaux, déménagement, agencement, création ou rachat d’un stock, enrichissement du fonds, achat de logiciels.

Sont éligibles les dépenses d’investissement et de fonctionnement relatives à des projets innovants, en matière de développement numérique, à la professionnalisation des personnels non prise en compte par les OPCA et aux actions de communication individuelles, incluant la création de sites internet de vente en ligne.

Les dépenses d’animation culturelle ne sont pas éligibles.

Plafond : 15 000€

En Auvergne-Rhône-Alpes , dans le cadre de leur politique de soutien au secteur de l’économie du livre et à la librairie en particulier, l’État, DRAC Auvergne-Rhône-Alpes et la Région Auvergne-Rhône-Alpes ont mis en place un dispositif destiné à maintenir, renforcer et valoriser le réseau des librairies indépendantes.

Trois types d’aides, sous forme de subvention, accompagnent les libraires dans leurs projets :

- Création, reprise, agrandissement et rénovation ;

- Informatisation initiale ou ré-informatisation ;

- Animations ponctuelles ou régulières.

Plafond : 30 000€ (Reprise) ; 20 000€ (Création, agrandissement, rénovation) ; 5 000€ ( informatisation) ; 10 000€ (animations régulières) : 7 000€ (animations ponctuelles) 

Dans le Centre-Val-de-Loire, dans un accord-cadre signé entre la Région Centre-Val de Loire, la Direction régionale des affaires culturelles Centre-Val de Loire, le Centre national du livre et Ciclic, un dispositif a été mis en place et s’articule autour de deux axes : 

- Aides à l’investissement : la création, la reprise-transmission des librairies : droit au bail, stock, travaux ; l’amélioration des espaces de vente et de travail liés au livre ; l’amélioration de l’équipement informatique.

- Aides au fonctionnement : Aide à la commercialisation ( développement politique d’animation, stratégie commerciale) ; aide à l’innovation (expérimentation dans le domaine du numérique) ; aide au personnel ( formation et soutien temporaire à l’embauche du personnel) 

Plafond : 12 000€ (fonctionnement) / 22 000€ (investissement) 

Dans les Hauts de France, un programme de soutien aux librairies indépendantes a vu le jour récemment. L’aide peut prendre deux formes : 

- Aide au fonctionnement (participation à la vie culturelle des Hauts-de-France, actions dans la librairie et hors les murs - rencontres, lectures, débats avec les auteurs...) 

- Aide à l’investissement (acquisition ou renouvellement de matériel, développement du stock)

Plafond : ? 

Dans les Pays de la Loire, sont soutenus : 

- les actions visant à favoriser la fréquentation (aides au fonctionnement) 

- le développement économique des librairies ( aides à l’investissement) 

Plafond : 15 000€

La Bourgogne-Franche-Comté propose des aides dans des situations de : 

- mise en place d’un programme d’équipements informatiques

- constitution d’un stock d’ouvrages dans le cadre d’une création de librairie ou dans le cadre d’une évolution significative de la librairie (agrandissement, modification de la politique éditoriale de la librairie…).

- la réalisation d’une opération de rachat de stock dans le cadre d’une reprise ou d’une transmission 

- la réalisation des travaux ou achat de mobilier 

Plafond : 4000 €  (Équipements informatiques) ; 15 000€ (constitution ou rachat de stock) ; 20 000€ (travaux et achat de mobilier) ; 

Occitanie et Corse : des aides existent mais sites inaccessibles. 



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